Aïe aïe, mal de tête en perspective ! Babylon A.D. est un projet un peu fou de Mathieu Kassovitz qui a souhaité, plus de 10 ans après le 5ème Element, apporter à la France un nouveau film de science fiction barré.
Adapté d'un bouquin de Dantec (Babylon Babies – soudainement on y voit peut être un peu plus clair), l'histoire place ses personnages dans un futur proche.
On y apprend rapidement que c'est la merde un peu partout et qu'un ancien terroriste doit se racheter une conduite en faisant traverser un continent à une jeune femme mystérieuse. Alors là, j'entends déjà les cris de certains ! Pour que cela soit bien clair : oui l'histoire ressemble fortement à celle des Fils de l'Homme !!! Ok ? On peut y aller maintenant ?

Donc, Babylon A.D. est composé d'un casting 4 étoiles, d'un scénario confus et d'une mise en scène paradoxalement anesthésiée... Un vrai casse tête de cinéphile. Mais, après s'être refait la filmo de l'ami Kasso, on comprend mieux certains points.
Tout d'abord, le scénario confus. En la matière Les Rivières Pourpres se pose quand même comme un premier élément précurseur grâce à son final nonsensico-comique de station de ski. Bref, déjà là, on y avait pas compris grand chose.
Ensuite, le casting de folie. Bon, on nous le fait à chaque film. On connaissait Kasso en découvreur de talent (La Haine, what else ?), en re-découvreur de talent (Assassin(s) avec Kasso dirigé par Kasso sur une idée originale de Kasso) et en réinventeur du buddy movie post-nuke (Les Rivières pourpres – merde déjà cité).
Mais là, cela dépasse tout : on a Vin Diesel dans Babylon A.D. ! C'est quand même le mec sans qui le phénomène tunning serait resté aux US bien tranquille. C'est donc pas n'importe qui !
Evidement le casting est complété avec une équipe française bankable aux states (Depardieu & le frenchie de Matrix Reloaded).
Ah oui, un film avec un casting comme celui-ci ça se vend à l'internationnal Monsieur.
Du coup, pour Babylon A.D., les producteurs ont décidé d'adopter la méthode Luc Besson : simplifier l'histoire au maximum afin qu'elle soit compréhensible par le plus grand nombre (comprendre : les spectateurs sont souvent débiles).
Preuve par 5 : Le Cinquième Element, Les Minimoys, Le transporteur 1, 2 & 3 (zéro ?).
Sur le principe, je ne suis pas contre. Mais, il faut que l'histoire reste intelligible et sensée. Avec Babylon A.D. on ne sait jamais vraiment de quoi il est question ni quelle est la motivation des personnages...
Alors, on se dit : hey ! Y a Vin Diesel dans le film donc ça va défourailler un max !
Et puis, en fait non. On retrouve bien un combat de cage à mains nues et quelques tirs au fusil mais c'est plutôt insignifiant. Enfin, y a bien un moment ou on croit que cela va partir et puis en fait non... Il faudra évidement attendre l'affrontement final bullet-timé sous Prosac pour avoir une pseudo scène d'action digne d'interêt (même si l'enjeu nous échappe complètement).
Du coup, on réfléchit beaucoup pendant le film : quand st-ce qu'on a vu pour la dernière fois une bonne scène d'action dirigée par Kasso ? Mystère...
Finalement, de quoi est-il question dans Babylon A.D. ? De fin du monde ? De rédemption ? D'amour ? D'action ? De religion ? De tunning de mercos russes ? Un peu de tout sans doute et sûrement un peu de rien.
Gérard Chasseur
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