Catégorie : Cinéma - Publié le Mardi, 15 Septembre 2009 16:20

La réputation de John Carpenter en avait pris un coup après l'échec commercial de Jack Burton. Il a donc choisit (et été sans doute un peu contraint) de réaliser une série de films à petit budget. Prince des Ténèbres fait donc partie de cette série.
L'histoire nous amène dans une église pourvue d'un sous-sol dans lequel se trouve un réservoir contenant un intriguant liquide verdâtre. Alors qu'une équipe de jeunes scientifiques vient pour faire des analyses, d'étranges personnes se rassemblent autour de l'église...
Comme son titre l'indique, il est question du prince des ténèbres dans cette habile production horrifique. Chez Carpenter, le danger (sous différentes apparences) prend souvent forme humaine (dans presque tous ses films !).
Dans The Thing, les extra-terrestres prennent les traits des héros pour les surprendre, dans Le Village des Damnés (avec le regretté Christopher Reeve) ce sont des enfants qui sèment la terreur alors qu'un tueur mystérieusement indestructible trucide la jeunesse américaine dans Halloween (un des précurseurs du genre). Même dans son dernier film (Ghost of Mars), des esprits martiens contrôlaient les corps mutilés des colons...
Dans Prince des Ténèbres, c'est donc le malin qui utilise les scientifiques pour arriver à ses fins. Bien sûr, les scientifiques sont réfractaires à la thèse du mal. Selon eux, le prince des ténèbres, c'est de la connerie. Ainsi, le personnage principal incarnant le scepticisme (il s'amuse, par exemple, à démystifier les tours de cartes) doit bien se résoudre à admettre la vérité...
Prince des Ténèbres est donc un film au message clair : apprêtez-vous un jour à affronter la vérité qui risque de pulvériser vos convictions !!! On a donc souvent retrouvé un peu la même chose chez Tim Burton (en moins nihiliste) avant qu'il ne se contre-dise dans son film Big Fish.
La mise en scène est, une fois de plus, presque parfaite : le cadre est soigné et la direction d'acteur à la hauteur. La musique minimaliste, composée par Carpenter himself, est angoissante et parfaitement adaptée au métrage.
Bref, on a pas grand chose à reprocher à ce Prince des Ténèbres qui reste un des métrages les plus terrifiant (la toute dernière scène !) de ces vingt dernières années.
Nicolas