Catégorie : Cinéma - Publié le Jeudi, 04 Mars 2010 16:20

Un jeune cadre voit sa vie bouleversée après avoir renversé accidentellement un homme. Il se métamorphose alors petit a petit en un être hybride mi-homme mi-machine...
Film de Tsukamoto décrivant, la transformation d'un homme en machine, Tetsuo est avant tout le manifeste cyberpunk que le cinéma attendait.
Partant d'un concept casse gueule, le réalisateur parvient a nous captiver avec son personnage de cadre japonnais déboulonné en usant d'un style visuel décalé et outrancier, voir franchement trash. Aussi, on ne peut nier la présence d'un masochisme certain et d'un goût poussé pour la provocation chez Tsukamoto ; ceci se manifestant avant tout par une accumulation de scènes gores, comme les morceaux métalliques perçant la peau ou l'allucinante scène de sexe. Impossible dans ces conditions de rester de marbre devant le flot d'image insensées qui balaie l'écran.
Insensé ? Pas tant que ça, puisque si le métrage semble franchement confus de prime abord, le sens s'affine au fur et à mesure des visions.
Le combat qui oppose les deux monstres de métal dans le dernier tiers du récit reste pourtant essentiellement un étonnant spectacle visuel. Sa résolution marquera toutefois les esprits en s'inscrivant dans la lignée de Videodrome (David Cronenberg) en présentant une nouvelle forme d'humanité forcément meilleure et mieux adaptée au monde contemporain.
Tout aussi intéressant, il est facile de relier Tetsuo avec Les Temps Modernes de Charlie Chaplin. En effet, le premier transpose la métaphore du second. L'employé devient alors une vraie machine, ce que Chaplin suggérait avec humour dans son film. Ainsi, Tetsuo peut symboliser à sa manière la mécanisation technologique et forcenée de nos sociétés, ce qui constitue par ailleurs le coeur de la philosophie cyberpunk (emmener par l'écrivain William Gibson, chef désigné du mouvement).
Finalement, et malgré tout ce qu'on pourra dire sur ce métrage, Tetsuo demeure un spectacle rarement égalé et franchement dédié aux débordements visuel.
Nicolas