Catégorie : Cinéma - Publié le Jeudi, 01 Avril 2010 16:20

Un ancien flic vend ses services comme homme de main à la mafia locale. Pourtant, il n'hésite pas à provoquer une véritable guerre des gangs en vendant des informations aux plus offrants.
Vague suite du succès japonnais Detective Bureau 2-3, La Jeunesse de la Bête marque aussi le début des expérimentations de Seijun Suzuki (La Marque du Tueur).
Sous la forme du film de gangsters classique, le réalisateur signe une oeuvre volontairement décalée et violente.
Ainsi, ce qui pourrait passer pour un défaut de construction narrative ressemble plus dans ce cas à une tentative de renouvellement du genre. Car, plutôt que de filmer platement une histoire à la Yojimbo (Akira Kurosawa), Suzuki tourne le récit dans dans tous les sens et tire sur l'aspect violent et décalé du film. En conséquence de quoi certaines scènes paraissent encore osé de nos jours (la fille se faisant fouettée sur la plage). De plus, le personnage principal a un comportement violent et outrancier qui témoigne d'une certaine avance de La Jeunesse de la Bête sur son temps.
Il est aussi impossible de parler d'un film de Seijun Suzuki sans évoquer la beauté fulgurante de son oeuvre. Le film qui nous intéresse ici ne déroge bien sûr pas à la règle mais reste néanmoins en deçà de La Marque du Tueur, véritable point d'orgue du style du cinéaste.
La Jeunesse de la Bête est donc un bon film assez difficile d'accès. Il est, en effet, dur de tout saisir en raison de sa narration qui complique inutilement l'histoire. Pourtant cette bande est étonnante et marquante de part son étrangeté.
Dommage alors de s'en priver.
Nicolas