Catégorie : Cinéma - Publié le Mardi, 09 Novembre 2010 16:20

Un couple est réveillé au milieu de la nuit par leur sonnette. Arrivés devant la porte de leur maison, ils trouvent un paquet contenant une boîte surplombée par un énorme bouton rouge. Ils apprennent le lendemain qu'ils disposent de 24 heures pour prendre leur décision : s'ils appuient sur le bouton, une personne (qu'ils ne connaissent pas) mourra en contrepartie de quoi ils obtiendront un million de dollars...
Après le génial Donnie Darko et l'incompris Southland Tales, Richard Kelly revient sur grand écran avec The Box. Et, on peut déjà le dire, une fois de plus il ne fera pas l'unanimité.
Dans un univers qui s'inspire des années 70 (rappelons que The Box est adapté d'un récit court de Richard Matheson), Kelly explore encore les thèmes qui lui sont cher. Ainsi, on retrouve les questions sur la valeur de la famille (qui explose une fois de plus après Donnie Darko), la recherche scientifique fondamentale, les voyages spatio-temporels et, évidement, la fin du monde.
Il en résulte une narration parfois confuse dans sa seconde moitié lorsqu'il bascule complètement la Sf saupoudrée de fantastique. Il est certain que The Box perdra des spectateurs en route. Mais force est de constater que Richard Kelly ne s'adresse pas à tous, ce qui lui permet encore de laisser libre court à son imagination.
Si vous n'avez pas vu le film, il est maintenant temps pour vous de faire un choix. Vous pouvez voir The Box et ainsi apercevoir une sorte d'éclat de lumière qui initie le renouveau du film de science fiction intelligent et responsable. Mais bien sûr, tout le monde n'est pas prêt à se poser les bonnes questions.
Attention, la suite de ce texte contient des informations qui peuvent vous gâcher la vision du film The Box :
Vous êtes prévenus, ce texte risque de révéler des éléments importants du récit... The Box ressemble de loin à un ersatz du film Le Jour où la Terre s'Arrêta (chef d'oeuvre de Robert Wise, éviter le remake svp). Ceci n'est pas tout à fait exact car Kelly n'a pas le sens didactique de Wise qui expliquait clairement son point de vue.
Ainsi, dans The Box l'action salvatrice de l'Humanité doit être individuelle. L'individualisme de l'Homme est son principal problème irréfutable dans l'univers de Kelly (tout comme les parents irresponsables : le père préférant sa carrière et sa corvette plutôt que chercher à subvenir aux besoins de sa famille). Mais Kelly va plus loin, car il présente la chose comme inéluctable. L'Homme court à sa propre perte de façon prévisible, il préférera tuer pour son confort.
Il n'y a donc aucun espoir et même nos croyances les plus belles et saines sont réfutés (un père Noël n'est-il pas responsable d'un accident mortel ?).
Pourtant, la lumière surgit lors de la scène final et de son dernier baiser déchirant. Donc, quelque part, l'amour existe, mais le test a-t-il été passé avec succès ? Rien n'est moins sûr.
Sans être une réussite pleine et incontestable The Box marque les esprit, ce qui n'est pas si courant de nos jours... Nul doute que ce film sera oublié dans 3 ans et exhumé dans 20 ans pour être finalement placé au rang de chef d'oeuvre.